Mes oeuvres, à échelle du corps, explorent la question de l’agencement sous une lunette féministe et queer de l’asbraction. Par des modelages du corps, une empreinte, une texture est prélevée du corps à la matière. Cherchant à abstraire mes sujets hors des frontières établies, l’abstraction et les théories queer sont ce qui me permet d’aller au-delà de la représentation. Elles produisent un écart et c’est cet écart qui m’intéresse dans la réception de l’oeuvre chez la personne qui regarde. Un écart où la subjectivité, les expériences et l’imagination peuvent ressurgir. C’est donc par la trace de mon corps et celui de personnes féminsites de mon entourage que j’ai choisi de faire référence au corps. Les théories queer, tout comme l’abstraction, s’émancipent des frontières établies à mon sens. C’est en ce sens que j’ai voulu les associer, parce qu’elles ont une racine commune à mon sens. Pour Renate Lorenz, sa "thèse est que le 'drag abstrait' non seulement coupe certains liens, mais permet aussi à une incarnation queer d’apparaître en lieu et place des conventions qui régissent la représentation des corps humains, et, ce faisant, il propose de nouveaux liens aux corps.”. L'oeuvre abstraite, renverrait, dans mon travail, directement à la trace du corps queer et féministe de manière subtile et sensible, tout en conservant un intérêt marqué pour l'aspect formel.

Modelages d'empreintes sur ma peau vers la théorie queer de drag abstrait, théorisée par Renate Lorenz.