Audrey Beaulé

Dans mon travail, je propose une tentative de relecture féministe et queer de l’abstraction. Travaillant le livre d’artiste, la photographie et le dessin, ma pratique est en rapport direct avec l’identité, l’émancipation, la matérialité de l’image, les féminismes et les théories queers; elle s’articule autour du corps et du cadre. Dans ma pratique, la cohexistence de mon geste et de mes réflexions se déploient à travers mon identité queer, de mon rapport au corps dans le processus du dessin transposé dans le livre d’artiste. Vers le souhait de revenir à l’essentiel, certaines questions m’habitent. Qu’est-ce qu’une image, un dessin? Quelles sont les limites et l’étendue d’une image? Pour moi, le rapport au dessin relève d’abord d’un rapport sensuel avec la matière et réflexif ou philosophique dans sa réalisation. Transposé dans le livre, que fait advenir le rythme des images dans une séquence imprimée? Le processus de création, là où le temps de réalisation d’une œuvre se déploie, existe dans un temps en marge des systèmes. Le livre devient l’archive du processus, une mémoire temporelle tangible autour du « faire ». Elle est également vectrice de questionnements, de réflexions autour de l’image elle-même,  mais qui s’impose aussi comme réflexion nécessaire autour du Soi et du Nous. Dans mon travail, l’oeuvre abstraite renverrait directement à la trace du corps et de la marge de manière dialogique, réfléxive et sensible.