Audrey Beaulé

Dans son travail, Audrey Beaulé propose une tentative de relecture féministe et queer de l’abstraction. Travaillant le dessin et le livre d’artiste, sa pratique est en rapport direct avec l’identité, l’émancipation, le matériau, les féminismes et les théories queers; elle s’articule autour du corps, du geste. Elle cherche à créer de nouveaux rapports au corps, notamment par le déploiement de gestes corporels répétés par le dessin, par l’archive du geste dans le livre d’artiste comme une mémoire du sensible ou encore par des assemblages qui évoquent des traces du corps. Omniprésentes, son identité et les théories queers façonneraient indirectement son travail par une forme fragmentaire qui évoque des temps multiples (Hartog), des lignées (Alfonsi) et une histoire, une temporalité, liée au plaisir (Freeman). La question du temps - comment il agit sur nous, comment on l’habite ou l’invente - l’intéresse. L’acte de répétition (Butler) des gestes par le dessin évoque pour elle une émancipation, comme si, par la répétition du geste, en ressortent une assurance, une agentivité et une puissance d’action. Le livre d’artiste est également vecteur d’émancipation par son aspect d’auto-édition et d’auto-diffusion qui permet un lieu exposition alternatif. Cherchant à abstraire ses sujets des frontières établies, l’abstraction est ce qui lui permet d’aller au-delà des définitions, en défiant la représentation figurative. Dans son travail, l’oeuvre abstraite renverrait directement à la trace du corps et du temps de manière dialogique, émancipatrice et sensible.​